Le complexe de Cambronne - prise 1

11 janvier 2007 (17:45) | Québec, Politique

Au premier coup d’oeil, le sondage CROP dont les résultats ont été présentés hier est assez désolant. Si l’attitude d’une majorité de québécois eu égard au rôle du privé dans la santé signale au moins qu’il ne sont pas tout-à-fait allergiques au réalisme, on doit certainement s’inquiéter de ce que les mythes autour du modèle québécois aient la couenne aussi dure. Il est difficile de blâmer les gens pourtant, peu familiers en général avec la complexité réelle des questions économiques, de préférer se ranger derrière la cohorte des jovialistes de Québec solidaire (de là à voter pour eux et elles, y a une marge quand même…) ou de l’Institut du Nouveau-Monde (j’y reviendrai dans de futurs posts), plutôt que de se laisser décourager par la montagne de raisons de craindre l’avenir qui leur bloque vraiment le chemin. Mais si André Pratte a raison, et que c’est bien ce qu’il appelle le syndrome de Petula Clark (tout le monde veut aller au ciel mais personne ne veut mourir) qui est le problème fondamental, aussi bien plier bagages tout de suite et laisser tout ce beau monde s’enfoncer dans son délire collectif. Plus vite on arrivera au fond du baril, je suppose, plus vite on acceptera de se trouver de meilleures lunettes. Je dis “on” bien sûr, m’étant ici par hypothèse exclu pour le bénéfice de la discussion.

Or j’aimerais bien suggérer une piste différente, qui me permettrait d’être un peu moins irrémédiablement pessimiste, et dont je réclame tout de suite le copyright - je compte d’ailleurs me servir de cette trouvaille pour penser le souverainisme, l’anti-américanisme, l’anti-économisme, alouette, oui papa - et que je baptise officiellement le “complexe de Cambronne”. Si j’y vais en effet de ma propre hypothèse socio-pop, c’est qu’elle autorise un point de vue plus nuancé sur un “wishful thinking” qui est peut-être moins l’expression d’un bête refus du réel qu’un véritable réflexe de santé mentale collective. Comprenons-nous bien. Il est très clair pour moi que c’est faire complètement fausse route que de minimiser l’impact négatif de la dette, ou de s’obstiner à refuser un dégel salutaire des frais de scolarité post-secondaire ou encore une augmentation substantielle du poids relatif des taxes à la consommation et de la tarification des services dans les revenus de l’État, à commencer par une hausse du prix de l’électricité. Et si l’inégalité économique nous dérange particulièrement, comme c’est mon cas et devrait l’être aussi pour le reste de la gauche, on milite pour canaliser une plus grande partie des améliorations moyennes vers des mesures efficaces pour aider le bas de la distribution des revenus à monter plus vite que les autres, c’est tout. Évidemment, il en existe toujours pour croire qu’enrichir les uns veut dire appauvrir les autres. Mais l’analphabétisme économique, c’est comme les autres sortes d’analphabétisme, il faut s’en occuper.

Maintenant, comment est-ce que “faire fausse route” pourrait bien être un réflexe de santé mentale? “Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre.” (Victor Hugo, Les Misérables, deuxième partie, livre premier, section XV) Quand Cambronne a crié merde aux Anglais à Waterloo qui lui offraient la vie sauve en échange de la reddition, il a marqué d’une pierre blanche le critère de dignité humaine qui transcende toutes les idéologies: si je n’ai plus le choix, alors la vie ne m’offre plus rien qui vaille d’être choisi. Aussi bien mourir. Or je pense que c’est la sous-estimation de ce réflexe fondamental, ou mieux l’incompréhension de la forme qu’il prend chez l’adversaire, qui rend compte de bien des combats idéologiques dans lesquels nous nous démenons. Celui entre les lucides et les solidaires n’y fait d’ailleurs pas exception, et la résistance au changement qui s’exprime dans le susdit sondage me paraît donc être, malgré tout le reste, une saine réaction de rejet, à l’égard surtout de l’exigence d’une sorte de reddition au principe d’une réalité qui serait complètement pré-déterminée.

Car c’est là qu’est la confusion, et qu’apparaît le caractère de “complexe” de ma référence à Cambronne. Car elle n’est pas pré-déterminée, la réalité, justement. Nous ne sommes pas mis en demeure de nous rendre devant quoi que ce soit. C’est une sorte d’effet pervers de perspective qui transforme notre désir de la liberté qu’on n’a pas, en déni de celle qu’on a. Je ne veux pas tomber dans la discussion philosophique des diverses conceptions de la liberté, mais essayez quand même, pour voir, d’appliquer la fameuse comparaison du verre d’eau à moitié vide ou à moitié plein à l’idée de ce qu’on ait, ou non, le choix dans la vie. C’est pas facile. Évidemment, quand on a le choix, on peut avoir plus ou moins d’options disponibles. Mais avoir le choix au sens d’être dans la position de celui qui choisit, c’est pas mal dans le genre “tu l’as ou tu l’as pas”. Le problème c’est qu’on confond vite ces deux manières là d’être libres, c’est-à-dire le fait de pouvoir choisir d’un côté, et l’étendue des choix qu’on peut faire de l’autre, au point où l’on peut croire que si nos options sont trop limitées à notre goût, alors c’est qu’on n’est pas en position d’exercer notre liberté.

En ce sens, le problème n’est plus du tout que les Québécois seraient une espèce de race d’ados irrationnels, mais simplement que plusieurs sublimeraient leur sentiment d’impuissance en blâmant ceux qui les intiment de se rendre à l’évidence. Alors ils disent merde et c’est bien normal. Toute solution éventuelle exige donc au moins d’analyser correctement la source de ce sentiment d’impuissance, et c’est à en montrer le caractère excessif que nous devrions ensuite concentrer nos efforts pédagogiques. Clairement, la révolution tranquille est centrale ici, en ce qu’elle est conçue de manière parfaitement romantique, comme cet âge d’or où la société québécoise aurait fait l’épreuve de sa liberté réelle, par opposition aux deux périodes entre lesquelles elle est prise en sandwich. Avant elle, les Anglais de Waterloo sont ceux dont l’Église et Duplessis se font les alliés objectifs pour maintenir le peuple en état de soumission, et après elle, ils sont ceux de la “déferlante” néolibérale inaugurée par Reagan-Thatcher, et qui menace tout d’un coup l’humanité entière et les générations futures, sans compter le modèle québécois et le goût du fromage d’Oka. Bon, on connaît la chanson.

Mais cette nostalgie, c’est bien celle du jour où l’on a dit merde, non? Cette ébullition des décennies 60-70, celle des grandes remises en question, n’est-ce pas ce qu’on voudrait refaire et dont les clés nous échappent parce qu’on ne sait plus à quel saint ne plus se vouer? J’en suis même à me demander parfois si le débat sur l’accommodement raisonnable n’est pas juste une façon de refaire une petite révolution anti-cléricale, à défaut de pouvoir foudroyer le tonnerre qui va simplement investir son fric ailleurs. Dans notre histoire de lucidité en panne, au fait, le rôle de Lucien Bouchard est fascinant. Il est tout à la fois le père fouettard héritier de nos curés de campagne, le messager des Anglais capitalistes qui nous tuent par leur absence, le bénéficiaire de l’âge d’or qui a trahi ses enfants en leur laissant la facture, voire le Cambronne lui-même qui se suicide politiquement pour redonner dignité à un Québec capable de sortir de sa torpeur comme à la belle époque - prise 1, méchant Meech, prise 2, le pur et dur PQ, prise 3, la lucidité évanescente, prise 4, le travail délaissé. Enfin. L’esprit de sacrifice commence à peser assez lourd merci dans la balance, et s’il y a quelque raison d’être optimiste, c’est bien que ça ne pourra pas durer éternellement. La vie reprendra bien ses droits à un moment ou l’autre. Ouais bon, peut-être que moi aussi je sombre dans les contes de fées.

Autre aspect de la question qui mérite aussi un petit détour, c’est la surprise de Monsieur CROP, qui s’attendait à trouver chez les jeunes un rejet plus marqué du modèle de l’État-mère supérieure. Mais voilà, ceux qui ont le plus à perdre sont aussi ceux qui se jettent le plus volontairement dans le précipice. Or je pense que mon hypothèse socio-pop permet de réconcilier rationalité et myopie auto-destructrice. Il y a bel et bien un conflit de générations, mais il vise le baby-boomer qui a abandonné Napoléon (la révolution tranquille) pour travailler chez Wellington (la déferlante néo-libérale). Une fois l’ennemi campé, c’est précisément en se portant à la défense du modèle élaboré par ses aînés, mais avec encore plus de vigueur que ceux-ci, que le jeune québécois leur signale sa colère à l’égard de leur traîtrise. Peut-être le contraste aurait-il même été plus important si ce n’était du sentiment de culpabilité des aînés eux-mêmes, qui s’achètent quelques indulgences pour profiter de leur Liberté 55 et faire changer leurs hanches dans le privé sans trop se faire de mouron. Fair and square, comme on dit chez les Grands Bretons.

Toujours est-il que la pédagogie qu’il nous faut, c’est celle qui va nous montrer qu’il existe bel et bien plusieurs options, mais qu’elles ne sont pas toutes aussi intéressantes les unes que les autres, selon la perspective qu’on adopte. Or cette pédagogie qui peine à trouver le bon ton est coincée en ce moment entre des discours qui s’évertuent à simplifier ce qui est complexe, des fois qu’on serait juste capables, ou bien de paniquer, ou bien d’être transformés en zombies: avancer ou reculer, l’humain ou l’argent, le néolibéralisme ou l’immobilisme. Ça ne marchera pas. À force de tout peinturer en noir et blanc, on ne donne pas le choix des couleurs. Il est là le problème, à mon très très humble (ouais me semble) avis. Et je parle pas du choix des moyens, genre, aimez-vous mieux que ça fasse mal ici ou là, mais du véritable choix des modèles, avec leurs avantages et leurs inconvénients probables. Il faut se parler entre personnes capables de reconnaître le mieux du moins bon, et on n’a pas besoin de porter des lunettes roses ou des lunettes grises pour ça. Me semble en tous cas.

Enfin. La situation est grave, en effet, mais au moins elle n’est pas désespérée. Car il ne s’agit pas de se rendre à qui que ce soit, mais d’arrêter simplement de refaire Waterloo pour tout et pour rien. C’est que ça brûle des calories dont on a besoin pour réfléchir.

Commentaires

Comment de Jacques S.
Date: 13 janvier 2007, 8:54

Bonjour,

Je crois qu’avant d’analyser cette étude, il serait bon de se pencher sur la méthodologie de celle-ci.

Il serait utile d’abord de savoir que des sondages n’ont pas été effectués précisément pour cette étude. De la bouche même du président de la firme de sondage CROP sur les ondes de Radio-Canada, nous pouvions apprendre qu’ils ont colligé des résultats de sondages antérieurs qui “par un concours du hasard” touchaient le sujet de l’étude.

C’est important de le savoir, parce que les questions posées ne présentent pas avec exactitude les propositions livrées dans le Manifeste pour un Québec lucide.

3 exemples:

1) Dans cette étude, on apprend que les Québécois refusent majoritairement de payer davantage pour les frais de scolarité.

Ce qu’il faut savoir…

Les lucides proposent une contre-partie.

Le Manifeste des Lucides dit: “Le dégel des droits de scolarité devrait s’accompagner de la mise en place d’un régime de remboursement des prêts étudiants proportionnel au revenu. Une fois sur le marché du travail, les jeunes ne seraient tenus de rembourser leurs dettes d’études qu’en fonction de leurs ressources financières.”

Toujours sur les ondes de Radio-Canada, le président de CROP indique que la question posée à propos des frais de scolarité fût la suivante: “Est-ce que vous seriez prêt à doubler les frais de scolarité?”

Or, le manifeste n’a jamais quantifié l’augmentation.

2) Dans cette étude, on apprend que les Québécois s’oppose fortement à l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec.

Ce qu’il faut savoir…

Il y a une nuance importante a apporté sur les personnes visées par cette augmentation.

Le Manifeste des Lucides dit: “La politique tarifaire actuelle d’Hydro-Québec n’est qu’une des manières dont on peut faire profiter les Québécois de cette ressource; ce n’est ni la plus productive ni la plus efficace. Contrairement à une perception répandue, elle profite davantage aux personnes à revenus élevés (qui auraient les moyens de payer plus) qu’aux personnes moins aisées (qu’on peut protéger contre les augmentations de tarifs)”

Nuance: Augmentation pour les personnes à revenu élevé et protection pour les personnes moins aisées.

Encore sur les ondes de Radio-Canada, le président de CROP indique que la question posée concernant la hausse de tarifs pour l’électricité fût la suivante:

“Est-ce que vous seriez prêt à augmenter les tarifs d’électricité de 20% sur une période de 5 ans?”

Or, le manifeste n’a jamais chiffré l’augmentation.

3) Dans cette étude, on apprend que les Québécois tiennent à la sociale-démocratie et à sa distribution de la richesse.

“Ils (les jeunes) tiennent plus que leurs parents à la société de répartition de la richesse dans laquelle on vit” - Alain Giguère, Président de CROP

Ce qu’il faut savoir…

CROP n’a pas sondé les Québécois sur le régime de Revenu minimum.

Pourtant…

Le Manifeste des Lucides dit: “Le Québec pourrait aussi envisager la création d’un régime de Revenu minimum garanti. Ce régime prendrait la forme d’un transfert direct à chaque citoyen et se substituerait à plusieurs des programmes de redistribution existants”

Nuance: Abolir vs Substituer

——–

Finalement, de l’aveu du président de CROP, au moins une question a été biaisé, mise en contexte avec insistance.

Ceci dit, peut-être ne faut-il pas rejeter tout d’un bloc les différents résultats obtenus, mais ma prétention est à l’effet qu’il est faux de prétendre que ces résultats sont un indicatif de la position des Québécois face au Manifeste pour un Québec lucide. Le lien n’est certainement pas aussi direct que l’on nous le laisse savoir.

Je ne cache pas être très surpris d’un tel manque d’éthique de la part d’une firme renommée telle que CROP. Peut-être ai-je simplement mis en lumière la pratique courrante dans ce milieu.

Ce serait d’ailleurs une réflexion intéressante à développer, celle du rôle d’un sondeur et ses limites d’interprétation. À titre d’exemple, il m’est arrivé à plusieurs reprise de me questionner sur les extrapolations de Jean-Marc Léger sur les ondes de TVA, qui n’hésite pas à établir des liens de causalité questionnables.

Mais toujours est-il que je suis à bout de souffle….

Je vous encourage à maintenir votre blog actif, je le visite quotidiennement.

Merci, aurevoir!

Sources:

Entrevue d’Alain Giguère à Radio-Canada:
http://www.dailymotion.com/mediawatchqc/video/xyn2p_enquete-crop-quebec-lucide-ou-solid

Article de la Presse Canadienne: http://www.cyberpresse.ca/article/20070110/CPACTUALITES/70110145/5032/CPACTUALITES

Comment de Yvan St-Pierre
Date: 14 janvier 2007, 10:45

Merci pour ce commentaire extrêmement pertinent. Vous me permettrez néanmoins, j’espère, d’y aller un peu moi-même avec quelques réflexions supplémentaires.

D’abord sur la question des biais du ou des sondages en cause, vous avez d’une part tout-à-fait raison de marquer la distance entre les questions posées et les propos des lucides, mais l’interprétation des sondages d’opinion fait d’autre part toujours face à une difficulté fondamentale, puisqu’elle exige de référer à des hypothèses pour expliquer les réponses données, que les réponses elles-mêmes ne permettent pas de valider. Exemple. Si vous croyez que vous payez assez d’impôts étant donnée l’utilisation qui en est faite, votre réponse à la question: seriez-vous prêts à payer plus d’impôts SI ça pouvait vous garantir une place au paradis, va dépendre d’au moins deux choses différentes, à savoir votre préférence pour le paradis, et la crédibilité que vous donner à cette hypothèse. En d’autres termes, dire qu’on ne veut pas voir le prix de l’électricité augmenter, ça peut vouloir dire qu’on AIME trop l’électricité pour se passer d’une part de celle qu’on consomme déjà, ou ça peut vouloir dire qu’on ne CROIT pas qu’une hausse de tarifs puisse vraiment comporter des avantages qui compensent pour les coûts. En ce sens, une question qui nous dirait vraiment ce qu’on veut savoir de l’opinion de quelqu’un devrait répondre à tous les SI et les PEUT-ÊTRE que ce quelqu’un utilise dans son raisonnement avant de répondre. Pas facile, hein? Morale de l’histoire, il faut quand même faire ce qu’on peut avec l’information qu’on a.

C’est aussi ce qui explique en partie la tentation des économistes en général de s’en remettre aux préférences que les actions des gens ‘révèlent’, plutôt que celles qu’ils disent avoir quand on leur pose la question. En ce sens, les faibles intentions de vote pour Québec solidaire, ou encore le choix d’André Boisclair par le membership du PQ plutôt que de quelqu’un plus à sa gauche, sont certainement des indicateurs qui doivent inspirer un minimum de prudence, lorsqu’on prétend que les Québécois sont majoritairement victimes d’une “illusion tranquille”. Par contre, si on était si éclairés que ça, on devrait se demander comment diable les problèmes que les lucides soulèvent ont bien pu apparaître, non? Si la population était pleinement consciente de l’état de la situation, les gouvernements soumis d’abord à la sanction de l’électorat nous auraient-ils mené au bord du précipice contre notre gré? Ça risque de vous prendre bien du petit change pour me faire avaler ça.

Pour ma part en effet, j’ai pris les résultats de CROP d’abord comme une confirmation des constats de base des lucides, à propos d’une mentalité qui explique qu’on en soit rendu là. Et mon analyse est plutôt une tentative d’interpréter le rejet de leur discours (et s’il est moindre que le sondage ne le révèle, tant mieux) de telle sorte qu’on garde espoir de pouvoir convaincre les sceptiques. Or on ne convainc pas des gens irrationnels, mais on peut encourager des gens qui se sentent impuissants, et si mon analyse tient debout, alors le fait d’insister sur l’inévitabilité des conséquences d’une option plutôt que sur notre capacité collective de faire plusieurs choix différents, ça risque fort d’être contre-productif. Ça ne veut pas dire non plus qu’il faille tomber dans le jovialisme et inventer de fausses raisons de se réjouir.

Encore une fois, je suis pleinement d’accord avec vous sur la déformation du Manifeste des lucides, mais je la vois bien plus dans la manière d’en traiter dans certains médias, à la suite notamment de la lecture biaisée qu’en a faite le groupe des solidaires pour justifier ses propres positions. Il est intéressant que vous souleviez le revenu minimum, avec lequel en passant je suis pluôt opposé sur le fond mais c’est une autre question, parce que le fait qu’on n’ait pas sondé la population à cet égard révèle peut-être qu’on est plus intéressé par la bataille médiatique que se livrent les deux groupes que par le dialogue qu’il serait plus fructueux d’établir quant aux valeurs qu’ils partagent. C’est en effet la seule proposition des lucides que les solidaires trouvent à leur goût. C’est comme si on cherchait moins à savoir qui est du bord des lucides que qui est contre les solidaires.

Mais bon, on est loin d’avoir fini de parler de tout ça. Quant à votre encouragement à poursuivre, je vous en remercie beaucoup, et j’espère conserver votre intérêt, or je commence à peine et je cherche encore mon style, sans compter qu’il me faut aussi jongler avec pas mal de trucs en même temps. Le bon côté de la chose pourtant, comme disait Stéphane Dion en Alberta, c’est que ça ne peut aller qu’en s’améliorant…

Merci encore.

Pingback de Fuzzy left » Merde!
Date: 26 janvier 2007, 5:44

[…] Enough with that, then. Let me get to the point that I want to make today. On the french twin of this blog, I will have done it in two steps (take 1 and take 2), two weeks apart. Here, I’ll do it all at once, testing, that is, a home-grown sociological hypothesis of mine on a couple of newsmaking surveys in Québec. In fact, a dozen days apart, two competing polling firms provoked highly concentrated debate about apparently unrelated questions, except for the fact of a generalized blame game about who should be held responsible for mishandling these complex questions. If this seems ridiculous, it could well be because it is. And then it’s already off the radar. Until it gets back on, obviously. […]

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Date: 26 janvier 2007, 5:46

[…] En fait, je ne peux vraiment pas m’empêcher de faire un parallèle entre la résistance au changement, sur le plan économique, qui s’exprimait dans le sondage CROP dont je parlais la dernière fois, et cet autre conservatisme, culturel maintenant, qui s’en sera donné à coeur joie pendant une pleine semaine d’hyper-convergence médiatico-populiste. Notez que je parle d’hyper-convergence parce que la convergence ordinaire, devenue l’étiquette conventionnelle pour parler de l’empire Québécor, s’est encore démultipliée à l’infini dans la quasi-totalité des classes médiatique et politique. Radio-Canada, Le Devoir, La Presse, les chefs de parti, les intellectuels et les blogues de toutes pointures, tout le monde y est allé jusqu’à plus soif: les Québécois sont-ils vraiment racistes? sont-ils trop laxistes? sont-ils simplement normaux? ne devrions-nous pas passer à autre chose? le débat a-t-il vraiment été fait? quel jeu les médias ou les sondeurs jouent-ils? Et re-belote. Pas plus fin que je suis, je vais même en remettre une couche. […]

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